En juin 2024, à Gitega, comme lors de chacun de ses déplacements, le Président Évariste Ndayishimiye rappelait sa volonté d’améliorer la qualité de vie des Burundais. Atteindre cette vision exige des réformes profondes et une forte orientation politique, mais aussi une prise de conscience de l’ensemble de la Nation, car les défis sont nombreux. Au cœur de ce programme, l’agriculture occupe une place primordiale.
Par Clément Airault
Selon la « Vision Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 », « à l’horizon 2040, le Burundi sera un pays paisible, où chacun vit dans des conditions décentes, où personne ne meurt d’une cause évitable, avec une économie compétitive tirée par les secteurs agroalimentaire et industriel à haute valeur ajoutée et par une exploitation minière au bénéfice de la société, le tout dans un environnement naturel préservé et avec la prise en compte du genre et de l’équité ». Le développement d’une agriculture créatrice de richesse et catalyseur de la sécurité alimentaire est le troisième des 22 piliers de la Vision présidentielle.
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Une terre en héritage
Pour le Chef de l’État, la grande richesse du Burundi est sa terre, riche en minéraux et fertile. Le 15 décembre 2020, lors d’une retraite sur la mise en œuvre du Document de politique agricole du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Environnement, le Président de la République demandait une grande réforme du secteur agropastoral, et rappelait aux responsables du ministère leurs responsabilités : « Vous devez savoir que le premier combat est orienté vers la promotion de l’agriculture et de l’élevage, et vous êtes des commandants qui guident la population. » Les mesures envisagées devaient notamment viser à introduire de nouvelles cultures d’exportation, construire neuf usines pour la valorisation des produits agricoles, augmenter les cheptels de bétail de 5 %, rapatrier les terres domaniales, aménager des hangars régionaux pour la conservation des productions, protéger les sources d’eau, et accroître la surface des forêts par la plantation d’arbres. C’est une approche holistique qu’Évariste Ndayishimiye a souhaité entreprendre avec ces mesures destinées à augmenter la production, afin que chaque citoyen ait suffisamment à manger, conformément au principe de « gouvernement responsable et laborieux », tout en protégeant l’environnement.
Sa ligne de conduite est restée la même depuis cette date. Le 8 août 2024, il déclarait que « le Burundi regorge de beaucoup de ressources naturelles minières susceptibles d’assurer son développement […] une fois exportées après leur exploitation et transformation au niveau local ». Le Chef de l’État exhorte les Burundais qui le peuvent, et en particulier les fonctionnaires, à cultiver, former des coopératives de production et travailler en synergie avec les coopératives de consommateurs, dans le but de réduire le prix des denrées alimentaires et d’assurer une alimentation décente à tout un chacun. C’est l’un des grands messages transmis à ses concitoyens, lors de la caravane Inkebuzo qui s’est déplacée dans les 17 provinces du pays, au milieu de l’été 2024. L’agriculture nourrit, elle est source de revenus, et permet aussi de rassembler un peuple autour d’une cause commune : l’avenir du Burundi.
Les travaux du « Recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage », engagés en septembre 2024, ont pour but de « savoir comment se porte le pays afin de planifier l’avenir », indiquait Évariste Ndayishimiye. Des données fiables sont nécessaires à la planification des projets futurs dans le cadre de la « Vision Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 ».
Un président cultivateur
Le Président de la République se laisse volontiers prendre en photo bottes en caoutchouc aux pieds, les mains occupées à creuser sa terre natale, non loin de Gitega, en train de récolter. Le plaisir n’est pas feint. Le Chef de l’État burundais aime profondément cultiver, et c’est logiquement que l’agriculture figure au cœur du programme de développement qu’il souhaite mettre en œuvre. Avec son épouse, la Première dame Angeline Ndayishimiye, il a multiplié ces dernières années les rencontres avec la population, mettant la main et le cœur à l’ouvrage, afin d’encourager la promotion d’une agriculture intégrée pour le développement socioéconomique du pays.
C’est ainsi que le couple présidentiel était récemment à Bugenyuzi, dans la province de Karusi, sur un site écotouristique en cours d’aménagement. Ce projet, débuté en 2011, comprend déjà treize étangs piscicoles couvrant 6 ha ainsi que treize poulaillers montés sur pilotis. Évariste Ndayishimiye compte également y faire construire un hôtel pour les touristes, des restaurants et des bars. « Je voudrais que les Burundais comprennent que devenir riche est un rêve accessible et que, petit à petit, l’oiseau fait son nid », a-t-il déclaré, invitant ses compatriotes à commencer par de petits projets pour arriver à accomplir de grandes choses, avec patience et persévérance. Dans cette même localité, le couple présidentiel a fait aménager un complexe agropastoral comprenant des champs de maïs et bananiers, ainsi qu’une ferme d’élevage de vaches. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, tant les projets se sont multipliés ces quatre dernières années. L’agriculture, qui contribue à hauteur de 40 % au PIB du Burundi et assure 95 % de l’approvisionnement alimentaire du pays, reste bel et bien l’épine dorsale du développement national.
Biographie
Évariste Ndayishimiye est né en 1968 à Musama, dans la commune de Giheta de la province de Gitega.
Il a été parmi les précurseurs de la lutte pour la paix et la démocratie en rejoignant les Forces de défense de la démocratie (FDD), mouvement populaire né après l’assassinat du premier président démocratiquement élu au Burundi. Il a dirigé le Conseil national des patriotes, qui a opéré des réformes profondes dans l’organisation du mouvement politico-militaire en 2001 et qui, par la suite, organisera le congrès extraordinaire qui transformera le mouvement en parti politique en 2004. Il a joué un rôle majeur dans les accords de cessez-le-feu de septembre et novembre 2003.
Le général Ndayishimiye a occupé plusieurs hautes fonctions politiques et militaires. Il a été chef d’état-major général de la logistique dans la Force de défense nationale. Il a également été Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et du Développement communal, et a créé le Fonds national d’investissement communal (Fonic) afin de rendre effective la politique de décentralisation et le développement communautaire. Homme de confiance du Président Pierre Nkurunziza, il a occupé des hauts postes à la Présidence de la République en qualité de chef de cabinet chargé des questions militaires, et plus tard du chef de cabinet civil du Président de la République. À ce titre, il a à maintes reprises été émissaire et envoyé spécial du Chef de l’État auprès de ses homologues de plusieurs pays africains.
Il a été secrétaire général du parti Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) entre 2015 et 2020, avant d’être élu à la tête de l’État.
Il est également membre fondateur de l’Université polytechnique de Gitega, dont il est aujourd’hui président du conseil d’administration. Chrétien, fervent catholique, il est marié à Angeline Ndayubaha. Ils ont ensemble six enfants.




