Samuel Pereyra Rojas, banquier, avocat et homme politique, dirige actuellement Banreservas, au sein du Gouvernement de Luis Abinader. Il occupe une place stratégique, car cette banque est indispensable au développement national.
Propos recueillis par Laurent Taieb
Quel rôle joue votre banque dans le développement de la République dominicaine et comment soutient-elle le Gouvernement dans ses grands projets de développement ?
Banco de Reservas — ou Banreservas — joue un rôle fondamental dans le développement économique et social de la République dominicaine. Notre mission est de favoriser une croissance durable et de soutenir les initiatives du Gouvernement par le biais de financements stratégiques et de conseils financiers.
Nous participons activement à des projets d’infrastructure, tels que la construction de routes et l’amélioration des services publics, qui sont essentiels à l’intégration économique du pays. En outre, nous travaillons en partenariat avec le Gouvernement pour promouvoir le développement de secteurs clés tels que l’éducation, la santé, le tourisme et le sport, en veillant à ce que les ressources soient affectées à des domaines qui bénéficieront à l’ensemble de la population.
Nous promouvons également des programmes de financement pour les PME, ce qui non seulement stimule l’économie locale mais également génère des emplois. Notre engagement en faveur de l’inclusion financière permet à un plus grand nombre de Dominicains d’accéder aux services bancaires, ce qui renforce le tissu économique du pays.
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Quelle est votre vision de l’économie dominicaine, et quels sont les secteurs que vous considérez comme les plus pertinents pour l’émergence de votre pays et que vous souhaitez soutenir ?
Ma vision de l’économie dominicaine est optimiste et dynamique. Malgré les défis mondiaux et locaux, le pays a fait preuve d’une remarquable capacité de redressement et de croissance. Je crois fermement que des secteurs tels que le tourisme, les PME, la construction, les zones franches et la technologie ont un immense potentiel pour stimuler notre développement.
Le tourisme, qui est l’un des piliers de notre économie, génère des emplois directs et dynamise d’autres industries comme la gastronomie, les transports et les services.
Les PME, qui sont essentielles à l’économie dominicaine, représentent une grande partie de l’emploi et favorisent l’innovation.
La construction, qui a connu une croissance régulière, est fondamentale pour le développement urbain et l’infrastructure du pays. Le développement de projets de logements, d’infrastructures routières et de travaux publics est nécessaire pour améliorer la qualité de vie des citoyens et attirer les investissements.
Les zones franches, quant à elles, constituent un espace vital pour les exportations et l’attraction des investissements étrangers, et permettent la création d’emplois et le développement d’industries telles que l’industrie manufacturière.
Le secteur technologique apparaît également comme un moteur de l’innovation. Soutenir les startups et encourager l’éducation technologique peut transformer l’économie dominicaine et créer des opportunités pour les nouvelles générations.
En tant que banque de tous les Dominicains, notre mission est de soutenir ces secteurs au travers de financements accessibles, de mentorats, et par la promotion d’initiatives durables qui renforcent l’économie locale. Nous sommes convaincus qu’en investissant dans ces secteurs clés, nous pouvons contribuer à l’émergence d’un pays plus prospère et plus équitable.
Vous avez étudié à La Sorbonne, en France. Comment la République dominicaine peut-elle renforcer ses liens économiques avec l’Hexagone et l’Europe ?
La formation académique que j’ai reçue, y compris mon expérience à Panthéon-Assas, m’a donné une perspective internationale que je considère fondamentale pour renforcer les liens économiques de la République dominicaine avec la France et l’Europe.
Pour y parvenir, il est essentiel d’adopter une stratégie multidimensionnelle qui inclut la promotion des investissements, en soulignant les attraits touristiques que possède la République dominicaine ; les échanges commerciaux par le biais de missions commerciales, de foires et de réunions d’affaires des deux côtés peuvent ouvrir de nouvelles opportunités pour les entreprises dominicaines et européennes.
Une autre opportunité est de collaborer dans les domaines de l’éducation et de l’innovation, en favorisant des accords avec des universités et des centres de recherche en France et en Europe pour des échanges académiques qui peuvent enrichir notre capital humain et promouvoir le développement de technologies qui profitent aux deux marchés.
Je crois qu’en construisant des ponts solides et en promouvant une collaboration active, nous pouvons non seulement renforcer nos liens économiques avec la France et l’Europe, mais aussi améliorer la croissance et la durabilité de l’économie dominicaine dans le contexte mondial.
Vous êtes président du conseil d’administration du Centre culturel Banreservas et de la Fundación Reservas del País. Quel rôle joue votre institution dans les aspects culturels et sociaux du pays ?
Notre institution joue un rôle fondamental dans les aspects culturels et sociaux de la République dominicaine, au-delà de nos fonctions financières traditionnelles. Nous croyons fermement que le développement économique doit s’accompagner d’un engagement en faveur du bien-être de la communauté et de la promotion de la culture.
C’est pourquoi, soucieux de promouvoir la prospérité et le bien-être de tous les Dominicains, nous avons mis en place des initiatives de responsabilité sociale d’entreprise qui favorisent le développement durable des communautés, en encourageant l’éducation et l’inclusion financière, ainsi que l’esprit d’entreprise innovant et le développement des coopératives et des secteurs productifs.
Nous avons également les volontaires Banreservas, le bras social de la famille Reservas, dirigé par mon épouse Noelia García, qui développent des programmes permanents d’activités liées à la préservation de l’environnement, à l’éducation, la santé, l’inclusion, l’autonomisation des femmes et la prise en charge des enfants dominicains.
De même, à Banreservas, nous avons renforcé l’art et la culture grâce à notre Centre culturel Banreservas. Nous sommes la seule banque dominicaine à disposer d’un centre culturel dédié à la réalisation d’activités artistiques et éducatives diverses et continues qui profitent à tous les segments de notre population.
Depuis notre Centre culturel Banreservas, nous encourageons et promouvons l’économie orange (transformation d’idées en biens et services à caractère culturel, ndlr) et l’industrie créative par le biais d’expositions, de colloques, de publication de livres, de pièces de théâtre, de concerts, de films et de diverses activités. Bientôt, à Santiago et dans toute la région du Cibao, nous inaugurerons un musée d’art et une extension du Centre culturel Banreservas, élargissant ainsi l’offre culturelle de la région.
Notre institution ne cherche pas seulement à être un leader dans le secteur financier, il se veut aussi un agent de changement social et culturel en République dominicaine. Nous pensons qu’en investissant dans notre peuple et notre culture, nous construisons un pays plus fort et plus cohésif.




